Pour la mise en œuvre du Principe de Joyce

Publié le 9 février 2021, dans Revue de presse Pour la mise en œuvre du Principe de Joyce

Aujourd’hui, 4 février, jour du lancement de Plus aucun enfant autochtone arraché : pour en finir avec le colonialisme médical canadien, publié par Lux Éditeur (initialement publié en anglais sous le titre Fighting for A Hand to Hold: Confronting Medical Colonialism against Indigenous Children in Canada, par McGill-Queen’s University Press), l’auteur et ses contributrices soutiennent publiquement et sans équivoque la mise en œuvre du Principe de Joyce sans délai.

Selon Cindy Blackstock, membre de la Première Nation Gitxsan et directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, qui a écrit la préface du livre : « Les derniers mots qu’a entendus Joyce Echaquan avant de mourir sont des tirades racistes lancées par des prestataires de soins de santé qui étaient pourtant chargées de la soigner. Dans un geste extraordinaire de bienveillance et de compassion, la famille de Joyce a transformé cette douloureuse expérience en changement positif, en nous donnant le Principe de Joyce, une mesure visant à mettre fin au racisme systémique dans les soins de santé. Sa mort est une histoire tragique; son héritage, un acte d’amour inspirant. Communiquez avec votre député·e à l’Assemblée nationale pour exiger que le Principe de Joyce soit mis en œuvre. »

Le Principe de Joyce a été rejeté par le gouvernement du Québec, qui refuse obstinément de reconnaître l’existence du racisme systémique et de ses effets pernicieux. Samir Shaheen-Hussain, pédiatre urgentiste et auteur du livre, affirme : « Plus aucun enfant autochtone arraché expose la violence historique et persistante spécifiquement infligée aux enfants autochtones et à leurs communautés au Québec et au Canada. Ces violences se sont systématiquement reproduites dans le contexte de la destruction des langues et des cultures autochtones, ainsi que dans l’accaparement continu des terres et des ressources des peuples autochtones. Les crimes commis contre les Autochtones par le système de santé et par des professionnel·le·s de la santé – comme les épidémies de variole planifiées et les décès de tuberculose évitables; les expériences scientifiques et les mauvais traitements dans les pensionnats, les “hôpitaux indiens”, les réserves et les communautés; les stérilisations forcées; les enlèvements et les disparitions d’enfants – ne représentent rien de moins qu’une forme de génocide. »

Dans la postface du livre, Katsi’tsakwas Ellen Gabriel, artiste et militante Kanien’kehá:ka pour les droits de la personne et la protection de l’environnement, propose une réponse aux crimes du Canada : « Il faut que la réconciliation, mot très galvaudé de nos jours, soit authentique et s’accompagne de réparations et de restitutions. » Au Québec, en particulier, elle exige « la mise en œuvre immédiate et complète du Principe de Joyce, une importante première étape dans le rétablissement des relations avec les peuples autochtones qui vivent dans cette province, afin que nos enfants et les futures générations puissent vivre dans un monde plus sain, plus juste et plus aimant. »

Comme le met en évidence Plus aucun enfant autochtone arraché, les enfants autochtones ont directement souffert du colonialisme médical au Canada. Au Québec, des familles dont le système médical a fait disparaître les enfants il y a des décennies ne savent toujours pas ce qu’il est advenu de leurs proches. L’Association Awacak, récemment mise sur pied, est une coalition de familles des nations Anishinabe, Atikamekw, Crie et Innue. L’association exige des réparations, la réconciliation et la justice. Sa porte-parole, Françoise Ruperthouse, demande des gestes concrets : « Nos tragédies continuent. Pour nous, cela a assez duré. Nous voulons rendre la dignité à ces enfants disparus, enlevés, ou décédés, et à nos familles. Nous reprenons notre rôle de protectrices et de protecteurs de nos enfants. L’autodétermination commence avec nous, nos familles et nos communautés. »

Awacak, L’Aut’Journal, 9 février 2021

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