La majorité des jeunes restent tolérants et ouverts à la diversité, insiste Francis Dupuis-Déri, à intervalles réguliers, dans L’Ecole, champ de bataille. Misogynie, homophobie, transphobie (Lux, 208 pages, 17 euros). Toutefois, c’est une plongée dans l’univers masculiniste et hostile à la diversité que propose le professeur en science politique de l’université du Québec à Montréal, dans son dernier ouvrage. Une immersion glaçante qui va de Donald Trump à des lycéens français, américains ou canadiens. L’auteur jette ainsi des ponts permanents entre l’Europe et l’Amérique, les adultes et les jeunes, les pouvoirs politiques et les populations, afin de mettre en lumière la manière dont un système réactionnaire se met en place.
Dans cette « bataille culturelle », l’école occupe une place de choix, observe l’auteur. D’abord, parce qu’elle est le lieu où se construisent les identités et la socialisation des garçons et des filles. Ensuite, parce que les adultes y projettent leurs obsessions, en particulier autour de l’éducation à la sexualité. « En plus d’être considéré comme une possession, l’enfant est aussi l’élément reproducteur de la famille et de la communauté religieuse ou nationale », explique M. Dupuis-Déri.
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Sylvie Lecherbonnier, Le Monde, 23 septembre 2026.