Un monde plus proche d’une utopie écologiste que d’un fantasme techno-fasciste
Le coup de cœur de Stéphane Bürgi – Tolkien contre les machines
Il y a des imaginaires dont la récupération politique n’est pas toujours heureuse. Les épopées fantastiques en font partie : baignées de nostalgie pour un passé glorieux, mettant de scène des luttes épiques, elles peuvent servir de cadre imaginaire aux causes les plus réactionnaires. C’est pour sauver l’auteur du Seigneur des anneaux de ce triste détournement que Sébastien Fontenelle a écrit le petit livre Tolkien contre les machines.
Certes, le très catholique Tolkien se considérait lui-même comme un «vieux réac’». Pourtant, la modernité qu’il regardait avec dédain n’était pas celle de la démocratie et de l’égalité, c’était plutôt celle de l’industrialisation et de la tentation totalitaire. Rien ne le mettait plus en rogne que la récupération de la mythologie nordique par ce «petit ignorant d’Adolf Hitler». Le monde des hobbits, des elfes et des magiciens, argumente Fontenelle, est infiniment plus proche d’une utopie écologiste que d’un fantasme techno-fasciste.
En nous faisant voyager dans la Terre du Milieu, ce petit livre invite à penser un monde différent, fait de simplicité, de sobriété et de communion avec «tout ce qui pousse et qui vit».
Stéphane Bürgi, Présence – information religieuse, 8 décembre 2025.
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