Ruba Ghazal, «indépendantiste à fond la caisse»
La co-porte-parole féminine de Québec solidaire, Ruba Ghazal, veut réconcilier souveraineté et diversité à travers son nouveau livre Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs, où elle raconte son parcours d’«enfant de la loi 101» qui l’a menée à embrasser la cause indépendantiste.
«[Je suis] indépendantiste à fond la caisse», a plaidé Mme Ghazal en entrevue à l’émission Le Bilan, lundi soir.
Quand elle est arrivée au Québec en 1988, elle ne parlait pas un mot de français. Elle raconte avoir appris la langue notamment grâce à la populaire émission pour enfants Passe-Partout.
«Tu sais, à 10-11 ans, tu deviens plus vieux, mais j’ai continué à les écouter longtemps parce que je ne parlais pas bien le français, et parce que Passe-Partout nous parlait très lentement», a-t-elle expliqué.
Mais son intérêt pour la souveraineté n’a pas été forgé devant une émission jeunesse.
Née au Liban de parents palestiniens, et ayant grandi aux Émirats arabes unis avant de s’établir à Montréal, Ruba Ghazal dit que l’idée d’un Québec souverain «résonnait» déjà en elle lorsqu’elle y a immigré.
«J’ai été bercée toute mon enfance avec l’idée qu’un jour on va avoir un pays – ça veut dire la Palestine, a-t-elle confié. Toute mon enfance, mes parents me parlaient du combat des Palestiniens, de Yasser Arafat, puis un jour on va retourner en Palestine et on va avoir un pays. Donc quand je suis arrivée au Québec, cette envie d’avoir un pays et la libération nationale du Québec, ça résonnait en moi parce que j’ai été bercée dans ce discours indépendantiste, mais pour la Palestine.»
Dans son livre, la politicienne critique toutefois une certaine frange du mouvement indépendantiste québécois et sa perception de l’immigration.
«Le mouvement nationaliste québécois, depuis les années 90, est progressivement devenu l’apanage d’une droite identitaire, défaitiste et repliée sur elle-même, une droite qui perçoit les nouveaux arrivants comme une menace et qui n’a pas la capacité ni la volonté de conjuguer le « nous » québécois dans toute sa diversité», peut-on y lire.
Des propos cinglants par lesquels Mme Ghazal veut rappeler que l’immigration n’est pas un problème, mais une richesse essentielle à la vitalité du Québec.
«Je suis certaine que la nation québécoise, la culture québécoise, la langue française au Québec vont survivre grâce aux immigrants, grâce aux enfants d’immigrants. Regardez comment moi, je suis une amoureuse de la culture québécoise», a fait remarquer la solidaire.
Samuel Roberge, TVA Nouvelles, 3 novembre 2025.
Lisez l’original et visionnez l’entretien ici.