Pète et puis répète!

Publié le 14 juillet 2021, dans Revue de presse Pète et puis répète!

Ci-joint un récent commentaire en provenance de notre camarade col bleu de Montréal, Pierre Klépock, portant sur le fait que plus rien ne semble se passer en appui aux débardeurs du Port de Montréal, alors que les soi-disant négociations prévues dans la loi spéciale votée contre eux, à Ottawa, ne mènent toujours nulle part.  Ce commentaire peut aussi être lu sur la page Facebook de notre camarade.

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Pète, pis répète ! Comme ti-pète la rimette et gros pète la trompette ! Fait des années que je radote la même Histoire. Mais, fait des années aussi, qu’on me dit que je suis un dur à cuir !

Alors ! Un peu d’Histoire d’hier, en lien avec celle du présent : cela fait maintenant plus de deux mois, que la courageuse grève des débardeurs du Port de Montréal a été brisée par une loi matraque du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Soit dit en passant, son père avait fait la même chose contre une grève des débardeurs dans les années 1970. Tel père, tel fils. L’Histoire se répète, de père en fils, c’est le cas de l’dire… Pète, pis répète !

Et que font nos hautes directions syndicales, du SCFP et de la FTQ ? Poser la question, c’est encore une fois y répondre… Rien ! Comme d’habitude !

Nos directions syndicales, si on peut appeler ça des directions, s’en remettent encore une fois dans les mains de leurs avocats et des tribunaux. Les débardeurs-grévistes, vont avoir le temps de prendre leur retraite avant d’obtenir justice. C’est-ce qu’on appelle la judiciarisation du syndicalisme et des relations de travail.

C’est clair, nos directions syndicales ne veulent pas et surtout ne veulent plus que les membres des syndicats soient les acteurs et décideurs de leur propre vie syndicale.

Pas de manifs de solidarité de masse à l’horizon, pas de grève de solidarité de classe à venir. Jamais ! Faut surtout pas déranger la production capitaliste, la société de consommation et encore moins remettre en question les profits du monde des affaires (le big bizness). Respecter la légalité bourgeoise et la justice patronale, c’est tout ce qui compte.

À une époque pas si lointaine, la FTQ et ses syndicats affiliés, revendiquaient le droit de grève permanent, même durant l’application d’une convention collective (comme notamment dans plusieurs pays européens, un droit, malheureusement, remis en question dans ces mêmes pays).

Il serait peut être temps, au nom de l’Histoire et de la justice sociale, de dépoussiérer et d’enlever du haut des tablettes des archives de la FTQ, cette revendication. Et de remettre ça de l’avant !

Il me semble, dans mon livre à moi, au nom de l’histoire du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal, que les grévistes du Port de Montréal, auraient mériter une grève générale nationale de solidarité de 24 heures, avec comme revendication centrale, la défense et une extension radicale des libertés syndicales pour tout le monde ouvrier, dans nos chartes des droits et libertés, dans les codes du travail (fédéral-provincial) et (même) dans la constitution canadienne. Ça c’est déjà vu des grèves de solidarité, dites illégales, au Québec et au Canada !

Yop ! Nous sommes membres d’une centrale syndicale, qui ne centralise jamais les grèves; nous sommes membres d’une fédération, la FTQ, qui ne fédère jamais les luttes et les revendications ouvrières; nous sommes membres de conseils régionaux, qui ne régionalisent jamais les revendications sur le terrain des combats; nous sommes membres d’une section locale, qui ne localise jamais la solidarité sur nos lieux de travail, etc. Et on ose appeler ça un mouvement syndical. Je trouve que ça manque pas mal trop de mouvements.

Bref ! Je m’arrête ici ! J’en ai assez dit ! Ou plutôt écrit ! Pas grand monde va me lire de toute façon ! M’en vais faire un tour de moto ! Y fait trop beau ! En attendant, pour aller plus loin, je vous ai fait quelques suggestions de lectures, directement de ma biblio ! Bien évidemment, d’autres livres dans ma biblio, parlent de l’histoire du syndicat des débardeurs du Port de Montréal, une histoire des plus héroïques. Qui aurait mérité une plus grande solidarité de lutte de classe ouvrière !

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Ci-haut une copie du Manifeste des grévistes de la FTQ, diffusé en 1973, suite à l’occupation des bureaux du ministère du Travail par 400 grévistes de la CSN et de la FTQ. Les syndicalistes accuseront Jean Cournoyer, ministre libéral du Travail, à cette époque, d’être un agent de l’impérialisme américain avec raison.

Il serait peut être temps de remettre de l’avant ce manifeste, toujours d’actualité. L’endos du manifeste des grévistes de la FTQ, un Manifeste des plus marxistes, qui revendique, entre autres : le droit de grève permanent, même durant l’application d’une convention collective, des mesures anti-scabs pas mal plus sévères que ce qui existe actuellement dans le code du Travail du Québec, le contrôle ouvrier des usines et de l’économie, l’ouverture des livres comptables des entreprises, la fin du secret commercial, etc. (voir notamment pages 26 et 27).

Cet autre petit livre est aussi à lire et à faire connaitre, surtout aux plus jeunes. Vous ne pouvez imaginer le nombre de grèves, les combats de rue contre l’arbitraire et la violence patronale, que les débardeurs ont menés contre le pouvoir capitaliste sous juridiction fédérale, dans un passé pas si lointain.

L’endos du livre en dit également long, sur la dure histoire des débardeurs du Port de Montréal et de leur syndicat : le monde ouvrier est invisible, mais c’est lui qui donne chair et sang à nos sociétés.

Une autre petite suggestion de lecture qui s’intitule : « Grève et paix » (voir la photo un peu plus haut). Cela ne date pas d’aujourd’hui, les lois matraques, dites spéciales ou d’exceptions, contre les luttes ouvrières et les syndicalistes de combat.

Bien sûr, cet autre livre est surtout centré sur les lois antigrèves et antisyndicales au Québec, mais on y fait mention aussi des lois scélérates de l’État fédéral contre notamment les débardeurs. À ne pas oublier, que tout ce qui relève du transport (routier, maritime, aérien), est majoritairement sous juridiction fédéral (pour votre info : Il n’y a pas de mesures anti-scabs dans le code canadien du Travail). Je vous en recommande fortement la lecture.

Pour ce qui est de cette autre photo d’un débardeur : Une image vaut mille mots. Dommage que les hautes directions syndicales du SCFP et de la FTQ, n’ont pas été plus combatives ! Le patronat, avec l’aide de ses collègues du gouvernement Trudeau, a cassé la grève des débardeurs. Jusqu’à maintenant, aucune riposte syndicale sérieuse ne pointe à l’horizon. À mon humble avis, les directions syndicales, n’ont pas été à la hauteur du courage des grévistes. Pas besoin de revenir sur l’ensemble des revendications des grévistes. En gros, les grévistes voulaient mieux concilier travail-famille. Pour aller plus loin, faites des recherches sur les sites syndicaux et de la presse alternative.

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Ci-joint également, une petite affiche du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal, en réponse à un stupide commentaire de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui appelait à limiter le droit du syndicat de négocier et d’avoir recours à des moyens de pression. Un des représentants du syndicat lui avait déclaré de tout simplement fermer sa grande gueule. Le porte-parole du Syndicat des débardeurs, a reconnu que le choix des mots n’était pas le bon, mais s’est justifié en disant : « Je suis un débardeur, je ne suis pas une ballerine ».

Ci-joint en même temps un message de ma part à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui se dit de gauche, mais qui en est une autre de la « gauchette en bicyclette », des plus anti-ouvrières, antigrèves et contre le syndicalisme de combat, un message de ma part qui s’adresse surtout à ses collègues du SCFP et de la FTQ : en France, même les ballerines sont à elles seules extrêmement plus combatives que tous les syndicats de la FTQ réunis. (Photo : Les danseuses de l’opéra de Paris en grève, décembre 2019) :

Pierre Klépock, col bleu de Montréal, Parti communiste du Québec, 14 juillet 2021

Lisez l’original ici.