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Détail de la couverture du livre «Les mauvais jours finiront».
1 octobre 2025

L’espoir et la solidarité

Dans Les mauvais jours finiront, Samuel Mercier fait bien ce que le sous-titre annonce: un «hommage aux indésirables» en les faisant apparaître au regard d’une société qui les crée et tente de les effacer, de les cacher dans des résidences pour personnes âgées ou dans des emplois invisibilisés. Il expose les systèmes qui fonctionnent ensemble pour maintenir les personnes jugées indésirables dans des conditions de vie qui à la fois confortent et mettent en garde les classes moyennes et qui profitent aux classes possédantes. «Comment soulever un peuple qui était en train de gagner ses conditions de vie et ses vacances à Old Orchard?» (p.172). L’auteur ne donne pas la réponse, mais montre comment nous sommes pourtant toutes et tous à un doigt de devenir indésirable.

Si les thèmes peuvent être sombres, le livre est néanmoins rafraîchissant. Dans de courts essais, l’auteur aborde des phénomènes complexes de manière accessibles et traite d’enjeux moins souvent pris en compte par «la gauche» ou les médias. Il fait tomber la façade sur la violence acceptable, celle soutenue par le gouvernement, l’élite et les bonnes gens – permise parce que dirigée contre des personnes condamnées indésirables – et montre comment nos manières d’entrer en relations (en amitié ou en famille) y participent.

Ainsi, le livre n’est ni complaisant, ni misérabiliste. Au contraire, de la mélancolie et la compréhension des dynamiques qui traversent notre société vient l’espoir. Pour l’auteur, «l’espoir est le seul véritable geste révolutionnaire quand tout autour est au cynisme et à la débandade» (p.138). L’espoir et la solidarité. Le livre donne envie d’en (re)trouver.


Mélanie Ederer, À babord!, no 105, automne 2025.

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