ACTUALITÉS

Portrait photo d'Emma Goldman et Alexander Berkman.
7 janvier 2023

Les neuf livres à lire pour comprendre l’anarchisme

«La Conquête du pain», «Manifeste de l’anarchie», «Y a-t-il plus fier et libre que nous?», «L’Anarchisme: ce dont il s’agit vraiment»… La réédition de nombre de classiques de la littérature militante permet de saisir la complexité de cette philosophie politique.

L’anarchisme n’en finit pas de passionner. La majeure partie des maisons d’édition publient aujourd’hui des textes et recueils documentaires consacrés à ce sujet. Plusieurs classiques de la littérature militante ont été ainsi réédités, permettant de saisir la réalité et la complexité de cette philosophie politique.

On pourrait cependant regretter les présentations et les appareils critiques beaucoup trop succincts de textes qui sont tous disponibles sur la toile –voire parfois, plus grave, d’introductions truffées d’erreurs historiques traduisant une méconnaissance des travaux de recherches de la part de leurs auteurs. Mais inversement, plusieurs maisons choisissent le sérieux dans l’édition critique.

C’est quoi, l’anarchie?

L’ouvrage de George Woodcock, L’Anarchisme–Une histoire des idées et mouvements libertaires, est l’une des meilleures synthèses sur l’histoire de l’anarchisme à l’échelle mondiale. Le livre, écrit au cours des années 1960, a été retravaillé plusieurs fois jusqu’en 1986. Également auteur de l’un des meilleurs livres sur George Orwell, The Crystal Spirit (traduit sous le titre Orwell à sa guise), George Woodcock participait lui-même au mouvement libertaire depuis les années 1930.

Il a construit son ouvrage en deux parties. La première est une approche théorique reconstruisant les principales lignées de l’anarchisme: la révolution française, l’Anglais William Godwin, Pierre-Joseph Proudhon, les Russes Mikhaïl Bakounine puis Pierre Kropotkine. Il envisage, dans une deuxième partie, les différentes formes que prend l’anarchisme dans le monde, qu’elle soit violente avec les attentats, réformatrice et révolutionnaire avec le syndicalisme, ou pacifique avec la construction des alternatives non violentes comme le mode de vie communautaire. Cette approche permet de pallier les manques évoqués dans les textes ci-après.

Mais d’où vient le concept même d’anarchie? Anselme Bellegarrigue est l’un des premiers libertaires à utiliser et à définir le mot, dans son journal en portant le nom (L’Anarchie, journal de l’ordre). Né en 1813 et exilé aux États-Unis, il revient en France en 1848 et publie dans le Paris en révolution ce titre à l’existence éphémère, avant de quitter de nouveau l’Hexagone à la suite du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Il meurt en Amérique latine en 1869.

La réédition de son Manifeste de l’anarchie vient d’abord souligner l’esprit du temps, puisque Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) n’est pas loin de développer des idées proches. La particularité d’Anselme Bellegarrigue est de penser la liberté comme individuelle et non comme collective. Favorable à la disparition du gouvernement, il est partisan d’une sorte de démocratie intégrale, comme une espèce d’agora dans laquelle l’individu serait l’acteur central de la démocratie, prise comme la décision de tous, sans intermédiaire.

[…]

Sylvain Boulouque, Slate, 7 janvier 2023.

Photo: La militante et penseuse anarchiste Emma Goldman, en compagnie de l’écrivain libertaire Alexander Berkman, autour de 1917-1919. | Domaine public via Wikimedia Commons

Lisez l’original ici.

Inscrivez-vous à notre infolettre

infolettre

Conception du site Web par

logo Webcolours

Webcolours.ca | © 2024 Lux éditeur - Tous droits réservés.