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24 janvier 2016

Le soir, 18 mars 2011

Livre référence:
Futurs proches
Chomsky continue le combat
Ricardo Gutierrez; William Bourton

Depuis un demi-siècle, le linguiste et philosophe américain pourfend l’impérialisme occidental. Selon lui, l’arrivée au pouvoir de Barak Obama n’a fondamentalement rien changé…

Sa crinière poivre et sel sent le soufre. Et la poudre à canon… Noam Chomsky, « l’intellectuel contemporain le plus cité au monde », était à Bruxelles, mercredi et jeudi, à l’invitation de Bruxelles Laïque, des éditions Aden et EPO, du Comac et du Centre d’histoire des gauches de l’Université libre de Bruxelles.
Le Soir l’a rencontré avant la conférence qu’il donnait, jeudi soir, au Théâtre National. Jeans fatigué, pull à grosses cotes, baskets noires… A 82 ans, l’ancien professeur du Massachusetts Institute of Technology a la dégaine d’un « geek » et la force de conviction du militant des justes causes.

L’homme – anti-guerre, mais guère pacifiste –, est de tous les combats, depuis près d’un demi-siècle. Linguiste et philosophe, c’est sur le théâtre politique des opérations qu’il s’épanouit, ferraillant ferme contre « les élites » et « la pensée dominante ». Personnage controversé, socialiste libertaire, sympathisant des anarcho-syndicalistes, il oppose son rationalisme implacable, héritier des Lumières, aux détenteurs de pouvoir de tous ordres.
De la guerre du Vietnam à l’invasion du Bahreïn, rien n’échappe à ses dissections. Chomsky met à nu le pouvoir, quitte à attiser les flammes de la discorde.
Juif américain, il est plus souvent qu’à son tour accusé d’antisémitisme. Ses contradicteurs lui opposent ses prétendues sympathies avec le Hezbollah. Le vieux philosophe réplique qu’il n’y a rien d’antisémite à dénoncer la politique d’Israël, cette « base américaine offshore ». Dans le camp palestinien, certains ne lui ont toujours pas pardonné son appui à l’Initiative de Genève, en 2003.

En France, il a laissé le souvenir douloureux de son soutien au négationniste Robert Faurisson. Sur la défensive, Chomsky avait invoqué l’aphorisme prêté à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».

Sans célébrer le terrorisme, il estime que les Etats occidentaux abusent de cette étiquette, tout en niant la dimension terroriste de… leurs propres politiques.

Chomsky réprouve autant le capitalisme – « Structurellement,, l’équivalent politique de l’entreprise est l’Etat totalitaire » – que le socialisme étatique – Lénine et Trotsky sont « les pires ennemis du socialisme ». Les anars orthodoxes ne l’apprécient pas plus, l’accusant de se complaire dans le « réformisme ». Mais ses pires ennemis restent les néoconservateurs. Qui, à défaut de contre-arguments, l’assimilent à « un malade mental ».

Chomsky encaisse. Il en a vu d’autres, convaincu que « la propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature »

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