ACTUALITÉS

Affiche de l'émission d'Au Poste avec le titre «La fabrique de l'extrême droite», les noms de Catherine Dorion et de Sylvain Bourmeau, avec la photo de chacun d'eux.
17 septembre 2026

La fabrique ordinaire de l’extrême droite (et comment la contrer)

Viré de France Culture, Sylvain Bourmeau traque ce journalisme qui fait l’extrême droite sans le vouloir. Ex-bête noire des médias québécois, Catherine Dorion oppose à la tempête fasciste le courage et la joie. Deux enquêtes, un même incendie. Ils sont au Poste, ensemble.

 

La rencontre avec Catherine Dorion et Sylvain Bourmeau

Sylvain Bourmeau, fondateur d’AOC, auteur de Ils ne sont pas d’extrême droite, ils font l’extrême droite (La Découverte), démonte la mécanique ordinaire des rédactions. Il ressort une phrase de Marc Bloch : si l’un dit que deux fois deux font quatre et l’autre cinq, n’allez pas conclure à quatre et demi. Voilà l’objectivité journalistique. «Faites l’expérience, écoutez la radio, regardez la télé, lisez les journaux avec ça en tête et essayez de repérer ce schéma. On le trouve partout, en fait.» Bolloré ? Un problème sérieux, pas tout le problème. Les clics, le freemium et l’audience en temps réel abîment tout autant : «Ce n’est pas la propriété qui les y contraint, ce sont les logiques économiques dans lesquelles ils sont pris.» Le débat sur le voile de la rentrée ? Il est parti d’un journaliste de BFM jouant l’adversaire face à Jean-Philippe Tanguy. Au Monde, il voit moins du macronisme qu’autre chose : «Il y a un légitimisme qui est incroyable, vraiment.» Côté producteurs de radio, la précarité est totale, «comme si j’avais eu un post doc de 10 mois chaque année renouvelé».

Catherine Dorion, autrice de Le courage et la joie. Traverser la tempête fasciste sans perdre le nord, part du 20 janvier 2025, jour de l’investiture de Trump, et du silence qui s’abat autour d’elle : «Le déni était vraiment très tentant.» Elle lit le fascisme à travers la grille des violences conjugales : séduction, isolement, destruction des liens. Des grands médias, elle n’attend plus rien : «Mais j’ai plus d’espoir dans les grands médias, si on peut encore les appeler grands, pour moi ils sont assez petits.» Aux journalistes qui plient pour garder leur poste, elle demande ce qui leur fait croire «que vous allez être capable de résister quand la menace, ça va être d’aller en prison?» Sa réponse tient dans la tribu, ceux qui vous cacheraient si la police frappait. «Il faut à tout prix se demander par où le système me tient par les couilles.» Et, avec Havel et Anne Frank, elle fait de la joie une arme : «Ne l’oublions pas, sans le peuple, les fascistes ne sont rien.»


Au Poste, 17 septembre 2026.

Lisez et visionnez l’original ici.

infolettre

Conception du site Web par

logo Webcolours

Webcolours.ca | © 2026 Lux éditeur - Tous droits réservés.