«Je n’ai jamais vu une situation aussi chaotique»: comment expliquer les violences du 17-Octobre?
Professeur de sciences politiques à Montréal, Francis Dupuis-Déri a travaillé sur les black blocs et les grèves lycéennes. Au lendemain des violences urbaines du 17-Octobre, le chercheur analyse l’usage et les effets de la violence dans les mouvements sociaux, auprès de Rue89Lyon.
Samedi 17 octobre, dans un grand nombre de villes françaises, la mobilisation d’ampleur, faisant suite au mouvement lycéen, a été marquée par des scènes de violences urbaines. À Lyon, plus de 200 commerces ont été pillés.
Francis Dupuis-Déri, professeur franco-canadien de sciences politiques à l’université de Québec à Montréal, a travaillé sur les méthodes des black blocs. Issue des mouvements autonomes allemands des années 80, cette forme d’action politique consiste à former un bloc habillé de noir pour protéger une manifestation ou affronter la police.
Présent à Paris lors des manifestations du 6 octobre et du 17 octobre, il revient sur les effets de l’usage de la violence dans les mobilisations sociales et compare les modes d’action des black blocs aux pillages survenus le week-end dernier.
Rue89Lyon : Dans l’histoire des luttes sociales, depuis quand les violences urbaines font-elles partie du registre des modes d’action politique ?
En France ? Depuis quatre, cinq, six cents ans… Évidemment, il y a eu des moments célèbres comme Mai 68. On peut aussi parler de la Révolution française. Il y en a eu contre les taxes injustes, contre les forces de l’ordre répressives…
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Marine Moine, Rue89Lyon, 23 octobre 2026.