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24 janvier 2016

Dissidences, décembre 2011

Livre référence:
L’empire du capital
compte rendu
Jean-Guillaume Lanuque

Ellen Meiksins Wood, dont L’origine du capital a précédemment été publiée chez le même éditeur, s’essaye dans cet ouvrage à une réflexion sur la nature de l’impérialisme contemporain, plus exactement celui des Etats-Unis, rejoignant ce faisant la démarche d’un David Harvey (Le nouvel impérialisme, chroniqué dans la Bibliothèque des comptes rendus de notre revue numérique) en s’interrogeant sur le pourquoi d’un impérialisme qui n’est pas directement colonial. Pour ce faire, l’auteure se plonge dans une vaste fresque historique, qui court de l’Antiquité romaine et chinoise jusqu’aux lendemains immédiats du 11 septembre 2001, bousculant au passage bien des analyses majoritaires(1).

Ainsi, dans sa définition du capitalisme qui peut apparaître comme trop rigide, elle met au cœur la nécessaire séparation de la sphère économique d’avec la sphère extra-économique (la coercition étatique), et refuse l’assimilation entre profit commercial et profit capitaliste. C’est ce qui l’amène à ne voir un impérialisme véritablement capitaliste émerger qu’après la Seconde Guerre mondiale, via les Etats-Unis, avec l’ouverture croissante des économies au capital occidental. Dans sa rétrospective historique, Ellen Meiksins Wood insiste donc sur le caractère marginalement capitaliste des tentatives impériales antérieures. C’est le cas de l’empire romain, à l’Etat restreint et à la richesse basée sur la propriété foncière, de la Chine, où la richesse passe par le service d’un Etat puissant, et même de l’Espagne du siècle d’or, appuyée sur un compromis entre les féodalités et la bureaucratie étatique.

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