«À travers le déchet, on peut voir les différences sociales»
Dans « Ordures ! Journal d’un vidangeur », le Québécois Simon Paré-Poupart partage avec allant son expérience et ses réflexions critiques sur nos rapports aux déchets.
À la manière d’un aventurier de la récupération des déchets, Simon Paré-Poupart partage dans son livre sa joie de vidangeur, mission qu’il exerce au Québec depuis plus de vingt ans, tout en ayant suivi plusieurs cursus universitaires. Distinguant éboueur et vidangeur, il propose d’autres rapports possibles aux rebuts et invite à repenser la place des marginaux et des « hommes-déchets ».
Si son récit débordant d’énergie peut parfois dérouter les lecteurs français, il évoque puissamment la nécessité d’une « transition détritique » et de la reconnaissance d’une profession si essentielle. Le succès éditorial d’Ordures ! au Québec n’empêche pas le vidangeur et penseur de retourner à l’arrière des camions à benne pour accomplir un nouveau défi quotidien, aussi sportif que social.
Comment distinguez-vous dans votre ouvrage les vidangeurs québécois des éboueurs français ?
À l’origine, le terme français d’éboueur désignait ceux qui ramassaient les boues dans les rues de Paris pour les trier et les remettre dans les champs alentour. Quant au terme d’ordure, il vient du latin « horridus » et désigne ce qui est horrible, tandis que le déchet désigne ce qui reste comme chute au terme d’un processus de fabrication.
Au Canada, les vidangeurs faisaient aussi la vidange des fosses d’aisances et des conduites dans les villes. Dans les textes de loi québécois, on parle plus d’éboueurs. Reste que parler de vidangeurs ou d’éboueurs, c’est déjà s’inscrire dans des cultures différentes.
« Ordures et déchets ont longtemps appartenu au cycle de la vie, aujourd’hui ils la menacent. C’est le progrès », affirmez-vous.
C’est évidemment une remarque ironique. Le…
Lisez la suite ici.
Nicolas Mathey, L’Humanité, 12 juin 2026.