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Montage graphique avec le titre «Peut-on (encore) être sioniste et de gauche?», un photo de Debis Sieffert, la ocuverture du livre «La mauvaise cause» et un drapeau français à côté d'un drapeau israélien.
8 février 2026

Peut-on (encore) être sioniste et de gauche?

Dans un essai très solidement étayé au plan historique, Denis Sieffert prend à partie « les influenceurs » qui défendent la politique israélienne et s’efforcent de disqualifier les opposants à l’entreprise génocidaire à Gaza tout en prétendant rester attachés aux grands principes humanistes.

 

« La confusion entre judaïsme et sionisme, et par suite entre antisionisme et antisémitisme, est au cœur de la désinformation qui submerge l’espace public français depuis le 7 octobre 2023. Dissiper cette confusion dans le feu de l’actualité et face à des autorités israéliennes et des institutions juives de France qui ne cessent de l’entretenir n’est pas chose aisée. C’est combattre le sionisme fanatique au pouvoir en Israël ainsi que l’islamophobie et l’antisémitisme qui rongent la société française. Ce livre a pour ambition de contribuer à ce combat ».

C’est ainsi que Denis Sieffert, ancien directeur du journal Politis, présente son livre récent, La Mauvaise Cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France (éditions Lux). Il est l’invité de Julien Théry pour ce nouvel épisode de On s’autorise à penser.

Dans cet essai très solidement étayé au plan historique, D. Sieffert distingue les propagandistes sans nuance, simples relais de la communication du gouvernement extrémiste de Benjamin Netanyahou et de l’armée d’Israël, qui se discréditent eux-mêmes par leurs outrances, et celles et ceux qu’il appelle « les influenceurs », encore susceptibles de nuances dès lors qu’ils ne veulent pas abandonner les principes humanistes élémentaires. Ce sont ces derniers qui sont pris à partie, notamment la sociologue Eva Illouz et la rabbine Delphine Horvilleur.

Les oppositions à l’entreprise génocidaire du gouvernement israélien à Gaza sont régulièrement discréditées par ces intellectuel.les, qui n’hésitent pas à assimiler l’ansitionisme à l’antisémitisme et à prétendre que les défenseurs des Palestiniens viseraient à l’éradication des juifs en Palestine. « Je suis de ceux qui ont pris acte du verdict de l’histoire tout en déplorant qu’il fût celui de la force et non de la justice », leur répond D. Sieffert. « La page n’est plus blanche. Le fait accompli israélien sera ici un postulat » et il n’est évidemment pas question de remettre en cause la présence de quelque population que ce soit en Palestine. « Mais c’est un fait accompli dont le sionisme ne se satisfait pas ».

S’il a longtemps inclus une aile progressiste et socialisante, le sionisme ne saurait échapper à un bilan historique au regard de la situation actuelle en Palestine. Et il apparaît bien difficile, aujourd’hui, de concevoir encore un sionisme de gauche.

 


Julien Théry, Le Média, 8 février 2026.

Lisez et visionnez l’original ici.

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