lux Mémoire des Amériques
Frederick Douglass   
Mémoires d’un esclave
Seconde édition revue et corrigée -- Format de poche
Traduit de l’anglais par Normand Baillargeon et Chantal Santerre

Être d’exception au parcours d’une adversité extrême, noir américain le plus célèbre de son temps, Frederick Douglass nous livre ses mémoires, un texte qui s’impose comme l’un des plus beaux hymnes à la liberté qui soit.

Dans cet ouvrage écrit en 1845, et dont Lux Éditeur a offert la première traduction vers le français en 2005, Douglass fait le récit de la vie d’esclave qui fut la sienne, de sa naissance, en 1818, dans une plantation du Maryland, jusqu’à son évasion en 1838, qui lui permit de se réfugier dans le Nord des États-Unis. S’imposant par des qualités intellectuelles et morales hors du commun, il y devint rapidement une figure éminente et respectée du mouvement pour l’abolition de l’esclavage, auquel il consacra toutes ses énergies.

Dans ses mémoires, Douglass y raconte sa vie d’esclave, son émancipation, physique et intellectuelle, mais aussi comment, ayant appris à lire, il s’engagea avec ces puissantes armes que sont la lecture et l’écriture sur la route de la liberté. Cette seconde édition critique, en format de poche, comprend en outre une introduction des traducteurs Normand Baillargeon et Chantal Santerre, une chronologie ainsi que de larges extraits du fameux discours du 4 juillet prononcé par Frederick Douglass en 1852.

Frederick Douglass est le premier esclave noir devenu homme politique, philosophe et écrivain. En 1838, à l’âge de 20 ans, il s’enfuit du domicile de son maître dans le Maryland. Rapidement, il s’implique dans la lutte contre l’esclavage. Il devient le noir américain le plus célèbre du XIXe siècle, et demeure à ce jour, un personnage historique incontournable.
Mémoires d'un esclave
Parution : 08/02/2007
ISBN : 978-2-89596-045-4
240 pages
10,5 x 18 cm
11.35 $
Revue de presse
- Consulter Mois de l'histoire des Noirs - Hommage à Frédérick Douglass Dominique Forget L'UQAM, 19 février 2007
- Consulter Mémoires d’un homme libre Marie-Hélène Côté À babord!, Octobre/novembre 2005
- Consulter Frederick Douglass et la voix de la liberté noire Louis Cornellier Le Devoir, 13 et 14 novembre 2004
- Consulter Mémoires d'un esclave H.F. Courant alternatif, février 2005
- Consulter Voir, 6 janvier 2005
- Consulter L'avènement d'un homme libre Alain Accardo Le Monde diplomatique, Juin 2005
Mois de l'histoire des Noirs - Hommage à Frédérick Douglass

Normand Baillargeon, professeur au Département d’éducation et de pédagogie, et sa compagne Chantal Santerre, professeure au Cégep de Saint-Hyacinthe, ont fait différent pour la Saint-Valentin cette année. Ils ont passé la soirée au café-librairie Les Utopistes, à lire des extraits de Mémoires d’un esclave, autobiographie de Frederick Douglass, célèbre militant anti-esclavagiste américain. Le couple avait déjà traduit l’oeuvre en 2005. La maison d’édition Lux vient de rééditer l’ouvrage en format poche, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs et du bicentenaire de l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, qu’on célèbre cette année.

« Douglass est un individu plus grand que nature, au parcours tout à fait étonnant », souligne le professeur qui s’est manifestement pris d’admiration pour le personnage. « Né esclave, il a réussi à s’évader à l’âge de 20 ans, à fuir vers le Nord des États-Unis et éventuellement à s’imposer comme orateur, auteur, philosophe et conseiller présidentiel. On le considère aujourd’hui comme le plus grand abolitionniste du XIXe siècle. Pourtant, on le connaissait peu ici avant la traduction de ses mémoires. »

Pourquoi un professeur d’éducation se passionne-t-il pour cette page d’histoire, au point de consacrer ses soirées à traduire l’autobiographie de Douglass dans la langue de Molière ? « Parce que Douglass doit son salut à l’éducation, répond Normand Baillargeon. La liberté peut prendre plusieurs formes, mais tous les chemins qui y mènent passent par l’éducation. Ces Mémoires l’illustrent à merveille et ça m’a beaucoup touché. Les passages où Douglass raconte comment il apprend à lire sont d’une beauté émouvante.»

Apprendre à tout prix
Né en 1818, Frederick Douglass est séparé de sa mère à la naissance et passe son enfance comme esclave dans une plantation du Maryland. Vers l’âge de huit ans, une fenêtre s’ouvre dans l’enfer de son quotidien. Son maître l’envoie dans la famille de son frère, qui cherche un esclave pour servir de compagnon de jeu à son fils. Sans savoir qu’elle enfreint la loi, la maîtresse de maison enseigne quelques lettres au jeune Frederick pendant que son propre fils fréquente l’école. Quand le maître les surprend, il blâme son épouse avec une folle colère.

« Il lui explique qu’en poursuivant ainsi, Douglass deviendra inutile comme esclave, relate Normand Baillargeon. Pour le jeune Frederick, c’est la révélation. À ce moment, il comprend qu’il doit à tout prix apprendre à lire s’il veut un jour goûter à la liberté. » Les Mémoires racontent tous les subterfuges imaginés par l’enfant pour soutirer quelques notions d’alphabet aux écoliers blancs. En échange de nourriture, le jeune esclave arrive même à se procurer quelques livres, dont un sur la rhétorique grâce auquel il acquiert ses premières habiletés en art oratoire.

Dans son livre, publié en 1845, Douglass nomme les personnes et les lieux de son enfance, mais ne raconte pas son évasion, pour protéger ceux qui l’ont aidé et ne pas nuire aux chances d’évasion d’autres esclaves.

Une fois dans le Massachusetts, Douglass participe régulièrement à des réunions abolitionnistes. Quand on lui demande un jour de prendre la parole, l’auditoire est renversé. « Il était à ce point impressionnant que beaucoup ont douté qu’il était un esclave en fuite, dit le professeur Baillargeon. C’est pour cette raison qu’il a écrit ses mémoires. Pour asseoir sa crédibilité. Par la suite, il a dû fuir en Grande-Bretagne car la loi permettait aux propriétaires du Sud de venir chercher leurs esclaves en fuite dans le Nord. Ce sont finalement des amis de Douglass qui ont acheté sa liberté. »

Pour Normand Baillargeon, l’horreur de l’esclavage n’est pas assez rappelée, même aux États-Unis. « C’est d’un véritable Holocauste noir dont il est question. Mais il n’existe pas en Amérique de musée national digne de cette période de l’histoire, un lieu qui réunirait les archives, où l’on pourrait tout raconter. Pourtant, le pays entier a été fondé sur l’esclavage. »

C’est ce qui a fait dire au célèbre acteur américain Morgan Freeman, en 2005, qu’il était contre le Mois d’histoire des Noirs, une idée ridicule selon lui. « Un seul mois ? Mais l’histoire des Noirs, c’est l’histoire américaine ! »

Dominique Forget
L'UQAM, 19 février 2007
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Mémoires d’un homme libre
S’il est inspirant d’assister à l’émancipation d’une personne et, plus encore, à la libération d’un groupe de personnes, la lecture de Mémoires d’un esclave, de Frederick Douglass, s’avère particulièrement enrichissante.

Douglass y fait le récit de sa vie d’esclave, laquelle a commencé le jour de sa naissance en 1818 dans une plantation du Maryland, ainsi que de son parcours vers la libération. Au gré de ses chroniques, à la fois sobres et passionnées, de ses descriptions de l’époque, des lieux et des gens, et de ses réflexions philosophiques, il nous entraîne avec lui dans l’enfer de l’esclavage et dans la folie de l’espoir. Relatant avec une certaine pudeur les souffrances vécues par les esclaves, Douglass est très éloquent sur sa condition, habile à disséquer le système générant cette exploitation et à dénoncer ceux qui en profitent.

Véritable force de la nature et conscient de l’oppression des Afro-américains dès son jeune âge, Douglass a entrepris seul l’apprentissage de la lecture, vers l’âge de huit ans, après que sa maîtresse lui ait enseigné les lettres de l’alphabet et se soit fait interrompre par son mari. La réaction paniquée de ce dernier a constitué une importante révélation pour Douglass : « Le ton déterminé sur lequel mon maître s’était adressé à sa femme en s’efforçant de lui faire comprendre les terribles conséquences qu’il y aurait à m’instruire m’avait convaincu de la profonde vérité de ce qu’il avait dit. C’était la meilleure preuve que j’étais en droit d’attendre avec confiance ces effets que l’apprentissage de la lecture devaient avoir sur moi. » Et c’est ce qui est arrivé.

Au cours des années qui suivirent, Douglass, curieux et intelligent, fait des lectures, découvre de nouvelles idées et développe d’admirables capacités d’analyse et d’argumentation qui seront très utiles, pour lui-même et, éventuellement, pour tout le mouvement abolitionniste. Il est chaque jour plus animé par de profonds désirs de s’évader et qu’ensemble tous les esclaves arrivent à se libérer. Il côtoie des activistes et élabore patiemment des projets de liberté…

Dans ses Mémoires, Douglass nomme courageusement des personnes et des lieux, mais ne raconte pas son évasion, à l’âge de 29 ans, afin de protéger des personnes qui étaient encore vivantes au moment de la publication (1845) et de ne pas réduire les possibilités d’évasion des autres esclaves. Le récit se termine sur les premiers mois de vie libre de Frederick Douglass, alors réfugié au nord des États-Unis, et sur sa ferme intention de défendre la cause de ses frères et soeurs encore enchaînés. Ce qu’il fera ardemment.

Frederick Douglass a été un célèbre militant abolitionniste, un défenseur de la cause des femmes, un écrivain, un conférencier et un politologue qui a assisté et contribué à l’abolition de l’esclavage. L’habile et rigoureuse traduction de ses premiers écrits par Normand Baillargeon et Chantal Santerre lui rend bien hommage. De même, l’important travail de recherche qui alimente les préface, annexes et les notes enrichissent la lecture.
Marie-Hélène Côté
À babord!, Octobre/novembre 2005
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Frederick Douglass et la voix de la liberté noire
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La voix qui s’exprime ici a vécu dans sa chair et dans son âme cette barbarie sans nom dont elle nous offre une vision de l’intérieur. Sans apparat, sans pathos ajouté, avec la noble droiture de celui qui connaît le prix de la liberté et qui, pour cette raison, ne ressent pas le besoin d’esthétiser ce qui mérite d’être su dans toute sa franche horreur, Frederick Douglass raconte sa vie de bête de somme battue, écrasée et méprisée et son combat, de même que celui de quinze millions de ses semblables, pour sa liberté d’homme. Il faut savoir gré aux militants Normand Baillargeon et Chantal Santerre de nous permettre, par la traduction de ce classique américain, d’avoir accès à une oeuvre de portée universelle d’une rare puissance qui, en décrivant l’horreur de « l’Holocauste noir », s’impose comme l’un des plus beaux et plus douloureux hymnes à la liberté qui soit.

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Texte d’une lumineuse clarté -- et magnifiquement traduit -- qui entonne le chant de la liberté grondant au coeur de tout homme, les Mémoires d’un esclave de Frederick Douglass (son nom d’homme libre) font entendre la même fulgurante et douloureuse beauté que les chants noirs de ses frères enchaînés qui ont marqué son enfance : « Ces chants racontaient une odyssée de malheurs qui étaients alors bien au-delà de mes faibles capacités de compréhension ; leurs sonorités puissantes, lourdes et profondes laissaient échapper la prière et la complainte de l’âme des esclaves débordant d’une amère souffrance. Chaque note était un témoignage contre l’esclavage et une prière s’élevant vers Dieu pour l’implorer de les libérer de leurs chaînes. »
Louis Cornellier
Le Devoir, 13 et 14 novembre 2004
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Mémoires d'un esclave
Ce témoignage exceptionnel n’offre pas la consolation de se lire comme le récit d’horreurs passées et abolies. Son portrait d’une Amérique exerçant un pouvoir destructeur sur des plus faibles, dissimulant sous la bannière de la démocratie et des libertés de sordides intérêts matériels, confites dans une religion sans compassion ni pardon, nous rappelle trop les États-Unis d’aujourd’hui.

Douglass n’aurait sans doute rien à retoucher aux dernières phrases de son ouvrage :« Nulle part au monde il n’y a une nation qui soit coupable de crimes aussi sanglants et aussi ignobles que ceux que commettent en ce jour et en cette heure les citoyens des États-Unis [...]. Vous conclurez alors comme moi qu’en matière de révoltante barbarie et d’insolente hypocrisie les États-Unis d’Amériques restent sans rival. »
H.F.
Courant alternatif, février 2005
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De tout temps, les sociétés oppressantes ont compris l’utilité d’interdire à leurs femmes et à leurs esclaves l’apprentissage émancipateur de la lecture et de l’écriture.

En traduisant et rééditant les Mémoires d’un esclave de Frederick Douglass, écrites en 1845, Normand Baillargeon et Chantale Santerre font revivre la fascinante histoire de ce Noir américain, esclave de naissance, parvenu à fuire son maître du Maryland et à gagner le Nord à l’âge de 20 ans. Ayant appris à lire, Douglass deviendra l’un des plus célèbres orateurs abolitionnistes, un écrivain et un journaliste qui consacrera sa vie à une quête de liberté associée à son développement intellectuel. Pertinent.
Voir, 6 janvier 2005
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L'avènement d'un homme libre
Il y a des êtres d’exception que l’adversité extrême, loin d’écraser, met debout et galvanise. Frederick Douglass, l’auteur des célèbres Mémoires d’un esclave, était de ceux-là. Dans cet ouvrage publié en 1845 aux États-Unis, mais dont Lux Éditeur vient de nous donner la première traduction française, Douglass fait le récit de la vie d’esclave qui fut la sienne, de sa naissance, en 1818, dans une plantation du Maryland, jusqu’à son évasion en 1838, qui lui permit de se réfugier dans le Nord. S’imposant par des qualités intellectuelles et morales hors du commun, et par une sorte de génie du Verbe, il y devint rapidement une figure éminente et respectée du mouvement abolitionniste, auquel il consacra toute ses forces.

On croit parfois tout savoir de l’esclavage des Noirs aux États-Unis parce qu’on en a une connaissance largement alimentée en clichés émouvants et pitoresques par la littérature, le cinéma ou l’histoire de la musique -- exactement comme on croit tout savoir des camps de la mort nazis tant qu’on n’a pas lu la description par Primo Levi de l’enfer qu’il a traversé. De même, lire les Mémoires d’un esclave, c’est découvrir, au-delà de tous les clichés, et même au-delà d’oeuvres de fiction bien documentées comme La Case de l’oncle Tom ou Les Confessions de Nat Turner, l’expérience authentique d’un individu qui a non seulement vécu personnellement et intégralement tout ce qu’il rapporte, mais qui possède en outre le rare talent d’exprimer avec force et justesse tout ce qu’il a vécu.

Douglass ne se cantonne pas dans le récit purement événementiel et encore moins dans les souvenirs anecdotiques. Son intelligence prend sur chaque situation la hauteur nécessaire à l’analyse et il manie une large palette qui mêle heureusement la description quasi ethnographique des lieux, des gens et des relations à la réflexion philosophique et à l’effusion lyrique, voire à la fureur prophétique. Il faut avoir lu la prière bouleversante que lui inspirait la vision des grands voiliers gagnants le large dans la baie de Chesapeake : « Pourquoi a-t-il fallu que je naisse un de ces hommes dont on fait des bêtes? (...) Le fier navire s’en est allé (...), je reste seul dans l’étouffant enfer de l’esclavage infini. (...) Mon Dieu, fais de moi un homme libre. »

Mais ce récit chargé d’émotion et de sens est aussi un acte de foi humaniste. Douglass ne s’abandonne pas au gémissement ni à la déploration. Sa démarche est celle d’un militant qui se bat pour dénoncer, plus encore que la cruauté des personnes, l’inhumanité d’un système de domination dans lequel la propriété et la religion se donnent la main, une société où « le marchand donne de l’or ensanglanté pour financer la chaire l’homme d’Église, en retour, jette le voile de la chrétienté sur son démoniaque commerce »

Témoignage de lucidité et de courage, cet ouvrage conserve sa force aujourd’hui, dans un monde où la servitude existe toujours, non seulement sous ses formes anciennes, mais aussi sous des formes nouvelles, souvent déguisées et méconnaissables.
Alain Accardo
Le Monde diplomatique, Juin 2005
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net - Graphisme : Charlotte Lambert